Le frottement du monde

avec:

Émilie Girard-Charest - composition et violoncelle

Le frottement du monde est un projet chorégraphique initié avec Émilie Girard-Charest en 2012 et qui a trouvé son aboutissement dans le cadre de ma recherche-création à la maîtrise dans le Département de danse de l'UQAM lors d'une présentation le 12 mars 2017. La création a été accompagnée par Anne Thériault à titre d'oeil extérieur et de conseillère artistique, et le mémoire-création est sous la direction de Nicole Harbonnier-Topin, en co-direction avec Caroline Raymond.

 

Afin d'explorer l’intérêt que nous partagions pour la rencontre entre le geste et le son, nous avions pris comme point de départ le son du toucher. Le frottement du monde s’est intéressé à l’intimité de deux surfaces qui se rencontrent et qui communiquent leurs différences : même d’apparence lisse, elles sont texturées quand on y regarde de plus près. Les aspérités, les callosités, les rugosités sont mises en contact et révélées par une voix commune : sans l’autre elles ne sonnent pas. De même, sur un instrument à corde, il y a la nécessité d’un frottement. Tout au long du processus de création, nous nous sommes intéressées à la tension, l’attente et la retenue qui annoncent la possibilité d’une ouverture : ce qui se passe avant la vibration, avant le son harmonique et le corps qui résonne. Le frottement du monde est la zone de friction constante entre les pratiques, entre les êtres, entre soi et le monde : ce qui s'acharne doucement, ce qui à l’usure se casse, s'assouplit, se transforme.

 

À travers ma recherche-création, j’ai exploré différents points de rencontre entre la danse et la musique. Étant arrivée à la danse par le flamenco, où le danseur participe pleinement à la création musicale et où le musicien est habité d’une grande expressivité corporelle, je me suis intéressée à la dimension sonore, visuelle et kinesthésique de l’échange entre danseur et musicien. Mon hypothèse initiale postulait qu’un travail de syntonisation corporelle, touchant à l’expressivité des corps et à tout ce qui forme et informe cette expressivité, permettrait d'ouvrir une frontière disciplinaire entre la danse et la musique. En studio, nous nous sommes laissées guider par tout ce qui a émergé entre geste, son, toucher haptique, écriture musicale et chorégraphique, questionnements humains et beaucoup d’écoute.

 

Le frottement du monde a bénéficié d'une bourse du Conseil des Arts du Canada pour la composition musicale et du prêt de locaux et d'équipement du Département de danse de l'UQAM.